Chaleur et ozone : quel bilan pour l'été 2025 ?

Deux vagues de chaleur, une sécheresse marquée, mais (presque) pas de pics d'ozone ni de surmortalité : ce qu'il faut retenir de l'été 2025 en Belgique. Retour sur les données compilées par l'IRM, CELINE et Sciensano.


Un été chaud, sec et ensoleillé (IRM)

Après un été 2024 atypique (cf. notre compte rendu) sans aucune phase d’avertissement, l’été 2025 a connu deux périodes de fortes chaleurs : fin juin-début juillet, et début août. Comparé à la moyenne des 30 dernières années (1991-2020), il a été plus chaud (19.3° contre 17.9°), plus sec (130mm de précipitations contre 234mm) et plus ensoleillé (707h contre 595h). A noter : cette sécheresse, qui avait débuté dès le printemps, a été particulièrement marquée en Flandre. Ce n’est pas sans importance, car cela réduit l’évapotranspiration (quantité d’eau évaporée ou transpirée par le sol et la végétation), ce qui diminue le refroidissement naturel et aggrave ainsi potentiellement les fortes chaleurs.

Au total, trois phases d'avertissement ont été activées. La première (18-22 juin) s'est avérée être une ‘fausse alerte’, au regard des températures réellement observées. L’activation de ces phases repose sur des prévisions météorologiques et comporte donc toujours une part d'incertitude (cf. seuils d'activation). Mieux vaut prévenir que guérir !

Ozone : moins de pics, mais… (CELINE)

En dépit de conditions favorables à la formation d’ozone (chaleur, ensoleillement), les pics d’ozone – les dépassements du seuil d’information européen – ont été rares. Seules deux journées ont connu ces dépassements (13/06 et 02/07), dans un nombre limité de stations. Moins de 1% de la population belge y a été exposée.

Ces données confirment une tendance observée ces dernières années. Si les pics d’ozone élevés sont moins fréquents, la concentration moyenne annuelle, elle, tend à stagner, voire à augmenter légèrement sur le long terme.

Pas de surmortalité cette année ! (Sciensano)

Pour info : Sciensano prévoit systématiquement, sur base d’une moyenne des cinq années précédentes, la mortalité attendue (il s’agit d’un intervalle : il devrait y avoir entre X et X décès). De cette prévision découlent les notions de surmortalité (quand la mortalité dépasse l’intervalle de prédiction) et de sous-mortalité (inversement).

Bonne nouvelle ! Sur l’ensemble de la phase de vigilance, on observe au niveau national 0.5% de décès en moins que prévu. Les trois phases d’avertissement ont certes coïncidé avec une surmortalité temporaire – surtout la troisième, en août (+12.9%) – mais pas au point d'avoir un impact sur la surmortalité globale (comme cela s'est observé par le passé). A noter : on observe une sous-mortalité notable (-4.1%) parmi les résidents de maisons de repos, ce qui peut être le signe d’une meilleure préparation de ces établissements.

Sur les raisons qui peuvent expliquer une sous-mortalité d’une année à l’autre, voir l’article de l’année 2023 où nous esquissons quelques hypothèses.

 

Un été bien traversé malgré deux vagues de chaleur et une sécheresse marquée, qui témoigne de l'utilité des dispositifs de surveillance et de prévention mis en place et constamment . Ces résultats encourageants ne doivent toutefois pas occulter les défis à venir : en raison du changement climatique, les étés chauds risquent de se multiplier ; quant à l'ozone, les concentrations moyennes poursuivent leur hausse. Autant de raisons de maintenir — et renforcer — les efforts d'adaptation. Le NEHAP y contribue à son niveau, notamment à travers ses actions en faveur de la résilience des systèmes de santé.